Camille Claudel et sa sculpture originale

Camille Claudel et sa sculpture originale dans la femme & l'art cc2

Soeur de l’écrivain Paul Claudel, Camille verra le jour à Fère-en-Tardenois le 8 Décembre 1864. Elle passera une partie de son enfance à Villeneuve-sur-Fère. Désireuse de devenir sculpteur, elle s’installera à Paris dès l’âge de dix-sept ans. Elle est alors d’une grande beauté : « Un front superbe, surplombant des yeux magnifiques, de ce rare bleu si rare à rencontrer ailleurs que dans les romans », selon les propos de Paul en 1951.

Camille, élève de Rodin à partir de 1883, deviendra sa maîtresse. Les deux artistes s’influenceront mutuellement. La Jeune Fille à la gerbe, de 1887, annoncera la Galatée de Rodin, et les Trois Faunesses seront à l’origine des figures féminines de la Vague de Camille Claudel. Le point culminant de leur liaison se situera en 1892, dans leur atelier commun hébergé dans le château délabré du XIIIème siècle – appelé « la folie Payen » – situé boulevard d’Italie, à Paris. Camille sculptera cette année là deux danseurs nus que Dayot souhaitera voir revêtir d’une draperie. Elle acceptera de les couvrir et l’exposera ainsi au Salon de 1893. Le motif complexe de draperies qui entourait les jambes de la danseuse n’affectera pas la puissante suggestion érotique de l’oeuvre.

Jules Renard remarquera alors : « Et ce groupe de la Valse où le couple semble vouloir se coucher et finir la danse par l’amour. » La Valse, reprise en 1895, sera éditée en de nombreux exemplaires par Eugène Blot après 1905. Camille, incapable d’évincer Rose Beuret de la vie de Rodin, quittera son amant en 1898. Elle ne se remettra jamais de cette séparation, même si son art parviendra à s’affranchir de l’influence de son illustre maître. L’Age mûr témoignera du cruel abandon de Rodin. Camille l’implore à genoux pour rejoindre alors que le sculpteur retourne auprès de Rose. Désormais, seule, Camille écrira à son frère Paul consul à New York: « Je suis toujours attelé à mon groupe de trois. Je vais mettre un arbre penché qui exprimera la destinée ». Personne ne connaissant l’existence de cette oeuvre, elle demandera à Paul de ne montrer les croquis à quiconque. « Un mouleur, ajoutera-t-elle, pour se venger à détruit à mon atelier plusieurs choses finies. » Cette phrase sera l’un des premiers signes de la paranoïa qui allait anéantir Camille Claudel très affectée par la perte de son amant et le départ de son frère pour les Etats-Unis.

L’aspect le plus profondément originale de l’oeuvre de Camille se situera à l’aube du nouveau siècle, quand elle adoptera un nouveau style issu du japonisme alors en vogue et profondément ancré dans l’Art nouveau (les Causeuses, 1897, et la Vague, 1900). Utilisant l’onyx, matériau rare, elle fondera ses compositions sur d’élégants jeux de courbes. Rodin ne retira pas son soutien à Camille lorsque les symptômes de la maladie se manifesteront plus régulièrement. Il écrira alors à Gauchez : « … vous êtes sévère pour moi, mais ce qui me console, c’est que vous rendez justice à mon élève, qui est un grand sculpteur. » Il obtiendra qu’une oeuvre de Camille Claudel soit offerte à Puvis de Chavannes à l’occasion de son soixante-dixième anniversaire. La commission choisira « Clôtho », une figure du Destin en vieille femme. Camille, devenue totalement folle en 1906, sera internée à Montfavet. Elle manifestera le souhait de revenir dans la maison familiale: « Quel bonheur si je pouvais me retrouver à Villeneuve, ce jolie Villeneuve qui n’a rien de pareil » dira t’elle en 1927. Elle n’y reviendra jamais et décédera en 1943.

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